lundi 15 mars 2010

Chili, l'envers du décor.

Hasard de la vie, l’Espace culturel Louis Vuitton présente en ce moment l’exposition Chili, l’envers du décor, du 19 février au 9 mai 2010. Exposition, sans aucun doute, marquée à vif par les caractéristiques géographiques et politiques qui ont forgé un peuple et ses artistes. Ame chilienne qui trouve d’autant plus d’échos que certaines œuvres évoquent les catastrophes naturelles qui frappent régulièrement ce pays le plus long et le plus étroit du monde.

L’Espace culturel Louis Vuitton poursuit donc ses explorations en rapportant des projets témoignages de la création chilienne complètement en mouvement ; qui évoquent la notion de fiction avec Claudia del Fierro, Francisca Garcia, Carolina Saquel, le décoratif et l’allégorique avec Tomas Rivas, Monica Bengoa, Alvaro Oyarzun et le contemplatif qui renvoie directement au politique avec Ivan et Mario Navarro.

On pensera évidemment aux événements récents en regardant la vidéo, Big Pool, de Nicolas Rupcich ou en expérimentant l’installation sismique de Francisca Garcia. Sentiment d’absurdité et sensation horrifiante quand on ressent le bruit du tremblement de terre, hébétement devant cette grande piscine bleue qui fait immédiatement penser au désastre d’un tsunami.

On s’attachera plus au voyage et à la notion d’exil devant ces photos de dos qui regarde vers l’avant. Quitter sa terre pour partir, pour fuir, sans jamais se retourner. Voilà la force de la série de photos proposée par Enrique Ramirez. Ne jamais se retourner. Le spectateur fait donc face à la survie humaine qui regarde droit devant et avant.
Un voyage imaginaire, sans début ni fin , en plus d’être une métaphore, n’a pas à être vrai mais la réalité y a sa place. Le dos regarde tes yeux en face ou bien pense à rien d’autre que de laisser ou de partir ou de se maintenir avec constance et présence dans le temps, comme le point final d’une course sans fin. ..Que veut dire être d’un lieu ?

Le dessin créatif d’Alvaro Oyarzun évoque pratiquement la schématisation de la penser : dessiner en pensant, penser en dessinant. C’est en tous cas un dessin sans référence visible ou directement issu de l’imagination. Se servant de la caricature comme d’un outil analytique, l’artiste chemine à travers des diagrammes biologiques, des schémas topographiques, des systèmes de classification et divers être organiques non identifiés, pour dépeindre les problèmes de l’art contemporain. L’état organique de ses dessins évoquent aussi une certaine obsession proche des dessins exposés à Lausanne.

Enfin, coupé du monde, dans une petite salle, la projection de la vidéo Estadio Nacional 11.09.09 de Camilo Yanez. Un travelling panoramique autour du stade qui servit à accueillir concerts de rock géants, cérémonies religieuses, événements sportif avant de se transformer en camp de concentration géant suite au coup d’état. A l’état de ruine, comme déserté, la caméra tourne autour du stade sur une chanson naïve.

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