mercredi 17 février 2010

La vague Madchester frappe au Nouveau Casino : Delphic en concert

Delphic, le petit groupe electro-rock qui monte, était hier soir la tête d'affiche du Nouveau Casino à Paris. Après s’être échauffé sur les festivals anglais et s’être fait la main aux côtés de Friendly Fires et la Roux, Delphic lance quelques EP’s percutants, largement repris et signe un titre sur la compile Kitsuné.

Retour sur un concert dense.

Première partie avec les Candy Clash, ce jeune groupe francilien de pop. Ils ont commencé à tourner l’année dernière avec Fujiya et Miyagi, sortent un EP et sont largement encouragés par la critique musicale dont voici quelques extraits :

«Quel bonheur de s’enthousiasmer pour une formation rock française ! Et si on arrêtait d’aller constamment chercher la Next Big Thing outre manche. Je suis colère ! Du rock intelligent mais pas intello, des mélodies accrocheuses et un songwriting efficace, c’est tout ce que contient 79...» STREET TEASE

«… C’est à la croisée de ces quatre esprits, mais sans fétichisme particulier, que s’agite ce trio francilien, électrique et groovy, aux angles rebondis malgré des échardes omniprésentes, dansant et morose. Une drôle de façon de concevoir du rock, capable de brutalité comme de sensualité, de raideur comme d’élasticité, propulsé par une production atmosphérique mais athlétique, culminant ici sur Smoggy Goodbye qui, pour avoir fréquenté Eno, a mis du Air dans Neu! ...» LES INROCKUPTIBLES

«Un peu comme Phoenix, Candy Clash affirme une sensibilité plus originale que bon nombre de groupes hexagonaux qui veulent faire croire qu’ils sont cockney depuis trois générations. Les mots courants de la pop s’en retrouvent réinventés dans leur usage mélodique au service de compositions sans fautes. Après le hors-d’oeuvre alléchant, on est prêts à passer à table pour l’album.» VOXPOP

Le site du Nouveau Casino les présente même comme « travaillant avec conviction à de nouveaux morceaux ». Et c’est là que le bât blesse. Il faut tout de même un peu plus que de la conviction pour être bon et rivaliser sur scène avec l’école de Manchester.

La première partie a donc vite tournée ambiance je-casse-ma-corde-et-je-prends-ma-voix-suave « ouais je suis trop désolé pour la corde » et « bon anniversaire à toi ». Il y a un moment où il faut être honnête : le groupe déçoit réellement sur scène. C’est de la pop plate et dégoulinante, une envie de se faire des couettes et de manger des malabars. Ca ne ressemble en rien à du Phoenix, les textes sont niais, la mélodie lancinante. Tout juste sont-ils mimis parce qu’ils sont contents d’être sur scène. Et on est amusé de les voir contents. Mais les titres en écoute n’étant pas incroyables, on aurait pu s’attendre à une énergie fougueuse, à une transmission, à ce que ça dégage. Rien. Vide. Fade comme de la bouffe à la cantine (comme dirait François Simon). Je me suis ennuyée.

L’arrivée de Delphic sur scène change complètement la donne. L’album, Acolyte, est déjà impressionnant, s’écoute d’une seule traite, s’enchaîne. Il y a du Bloc Party, de l’influence de Manchester, ça bouge, c’est rock, c’est électro et ça envoûte. Le titre Acolyte de l’album éponyme est perturbant, prend aux trippes, fait planer. Delphic balance du son, plein les oreilles : c’est droit, direct et efficace, à la fois ultra accessible et finalement assez pointu.

Comment le groupe allait-il réussir à faire passer une telle émotion, une telle densité sur scène ? Tout simplement en étant radicalement différent de leur album. Delphic sur scène, c’est une performance avant tout. On n’est pas là pour retranscrire, mais pour performer. L’album assez électro-rock se transforme en un set ininterrompu hallucinant. Le son est clair, percutant et fluide. De l’énergie transmise en barre à une salle qui se prend au jeu.

Mention spéciale à l’interprétation de This Momentary qui passe de 3minutes54 à plus de 9 minutes en une performance électronique puissante et englobante.

Les voix sont beaucoup plus profondes. On se rapproche d’une influence New Order, on est clairement Madchester.

Delphic termine sur Acolyte qui envoie de l’émotion brute au public. On est dans du son électro distillé avec pureté, abstraction parfaite.

Le constat est clair : Delphic réussit le challenge d’être un groupe qui s’écoute mais aussi un groupe qui se vit, de vrais performers.

A voir absolument : le clip This Momentary nominé 3 fois aux UK Music Video Awards




Les voir : Printemps de Bourges
Lire + : une interview sur The Jitty


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